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mercredi 26 janvier 2011

Entretien avec un community manager

Dans le cadre de nos interviews de professionnels de l'art et de la culture, j'ai rencontré Walter F., community manager pour le site d'un grand groupe italien.




Romain : Comment es-tu devenu community manager et concrètement en quoi cela consiste-t-il ?

Walter F. : Disons que j’ai toujours aimé internet. J’ai commencé en ayant des blogs qui ont tenu le temps qu’ils ont tenu, au grès de mes envies et passions du moment. En fait c’est comme ça que petit à petit je suis rentré dans ce monde là. Évidemment l’arrivée de Facebook a ensuite été une explosion puisque c’est avec les réseaux sociaux qu’est véritablement née la profession de community manager.

Après pour te répondre j’ai une formation qui a priori ne me destinait pas particulièrement à ce type de métier puisque j’ai l'équivalent de ce qui serait pour chez vous un bac littéraire. En fait ma pratique du web ne vient pas d’une formation, comme beaucoup de CM je suis un autodidacte, même si suite à la demande de plus en plus croissante des entreprises ce métier tend à se professionnaliser.

Concrètement être CM ça veut dire faire connaitre le site pour lequel tu travailles. Créer du buzz, faire parler de lui (en bien tant qu’à faire) et donc générer du trafic.
Au quotidien cela signifie s’occuper des pages et profils Facebook de la marque : les mettre à jour, fédérer une communauté autour de ceux-ci, répondre aux commentaires, éventuellement rentrer en contact avec d’autres internautes afin d’aboutir à des collaborations ponctuelles…Également des comptes Twitter, Youtube, Dailymotion etc..
Ensuite le travail passe beaucoup par les forums de discussion. Quant au site lui-même, je suis chargé de répondre aux messages envoyés par les internautes lorsqu’ils ont des questions, des interrogations voire des plaintes. 

R. : Véritablement est-ce utile pour une marque d’avoir un CM ?

W.F. : Oui complétement et ça le sera de plus en plus. Pour une marque qui se lance cela permet déjà de se faire connaitre et pour les autres le community manager est celui qui prend la température du web si on peut dire ainsi.
C’est par le CM que la marque saura qu’elle est son image sur le net, ce qu’en pensent les gens. C’est lui qui devra justifier de certaines positions de celle-ci ou non. Le CM est donc très utile en ce sens.
Ensuite sachant que la plupart des marques et entreprises s'adjoignent les services de community managers, il est difficile pour les autres de rester en marge du phénomène.

R. : Quelles sont les qualités indispensables d’un bon CM ?

W. F. : Déjà avant tout il faut avoir une connaissance assez pointue du web, des réseaux sociaux et de leur mode de fonctionnement. Plus que la connaissance d’ailleurs il faut une véritable passion pour ce monde car cela demande beaucoup de temps et de patience au quotidien.  Et c’est un métier plus compliqué qu’il n’y parait, certains croient qu’il suffit de savoir poster trois liens sur Facebook pour se dire CM…

Ensuite je ne te cacherai pas qu'il faut également d'excellentes qualités rédactionnelles (au final je ne regrette pas mes études littéraires). Une marque ne peut en effet se permettre d'avoir un CM qui ne sait pas aligner trois mots correctement et qui fait des fautes d'orthographe toutes les deux lignes ! Pour l'image ça serait assez déplorable.
La maitrise d'une ou plusieurs langues étrangères peut également s'avérer un atout. Cela dit tout dépend où l'on travaille, s'il s'agit d'une entreprise internationale il y a des chances pour que l'on soit amené à échanger avec des internautes étrangers.

Romain

Le retour d'un chef-d'oeuvre



Les Trois Grâces de Lucas Cranach

Grâce à la générosité de plus de 5 000 donateurs et aux crédits d'acquisition du musée du Louvre, la France empêche la sortie d'un véritable chef d'œuvre de Lucas Cranach Les Trois Grâces. L'appel aux dons lancé par le musée le 13 novembre dernier par le biais d'un site internet crée spécialement pour cette opération, a rencontré un tel succès que la somme nécessaire à l'acquisition du tableau fut réunie plus d'un mois avant la date prévue !


Site internet lancé par le Louvre pour Les Trois Grâces


Le procédé n'est cependant pas complétement inédit puisqu'en 1988, le Louvre avait déjà lancé une opération similaire afin d'acquérir le Saint-Thomas à la pique de Georges de la Tour mais cela n'avait pas pris une telle ampleur car c'était bien avant l'avènement d'internet et  sa rapidité de communication !


Saint-Thomas à la pique


A présent, il ne reste plus qu'à attendre quelques mois avant de pouvoir aller admirer l'oeuvre au Louvre.


Lucas Cranach (1472 – 1553) est un peintre graveur de la Renaissance allemande. Au début du XVIe siècle il voyage beaucoup et s’installe à Vienne au sein de milieux intellectuels humanistes qui marquent profondément sa carrière. Durant cette période il peint des tableaux d’inspiration religieuse. Son style se rapproche de celui de Dürer et se caractérise par des paysages agités, symboliques, détaillés, énigmatiques et mélancoliques.
En 1505 il s’installe à Wittenberg, en Allemagne et devient le peintre officiel de la cour de l’électeur de Saxe. A ce moment là, son activité commence à changer et son style viennois évolue vers le maniérisme (les paysages perdent leur importance vis-à-vis des figures valorisées). Ce changement, d’après certains historiens d’art, est la décadence de l’artiste. Or, les autres considèrent cette période comme aussi importante que celle de Vienne même si très différente.
Cranach s’intéresse à l’Antiquité et aux artistes nordiques et italiens de la Renaissance. En étant au carrefour des cultures il crée une figure féminine stylisée sur les canons anticlassiques, mélangeant le gothique, le maniérisme et le classique.


Le sujet du tableau que Louvre va acquérir vient de la mythologie gréco-romaine. Les trois Grâces considérées comme les filles de Zeus ou d’Hélios symbolisent la générosité d’amour et accompagnent Vénus. L’originalité de l’œuvre consiste à représenter ce sujet classique, le nu féminin de façon noble mais aussi réelle. La chair, la beauté du corps donnent à cette œuvre une véritable sensualité.




Cranach cherche dans ce tableau à représenter non seulement les Trois Grâces mais aussi les trois vertus théologales de la religion chrétienne : la Foi, l’Espérance et la Charité. Si on regarde attentivement, on voit que les personnages ne sont pas complètement nus mais ils sont couverts d’un tissu transparent.
Au début de sa carrière Cranach accordait une grande importance aux paysages mais au fur et à mesure les fonds de ses tableaux deviennent plus sombres et unis. Les Trois Grâces peuvent être considérées comme un chef d’œuvre justement parce que le tableau est un aboutissement du changement du style de l’artiste. Le fond est sombre, uni, noir. Les Grâces sont sur un sol beige, avec des pierres, dessiné de façon simplifiée. Ce fond met en valeur les personnages. Leur corps clair montre un véritable contraste avec le fond et illuminent le tableau. 


Vénus et Cupidon (vers 1530)


Le tableau n’était pas connu avant 1932, c’est à dire, avant la publication du catalogue raisonné de Cranach par Friedländer et Rosenberg. L’œuvre était depuis cette époque propriété d’un collectionneur privé. Or, aujourd’hui, une chance est offerte au Louvre de conserver ce chef d’œuvre en territoire français.
Le musée expose déjà cinq tableaux de l’artiste et un de son atelier. Chaque tableau fait appartient à une période  différente de la carrière de Lucas Cranach, d’où l’importance considérable des Trois Grâces. Il est à espérer que le grand public aura rapidement la possibilité de venir admirer ces beautés qui allient à la fois raffinement et mystère.


Nadia